Bouquets de fleurs cultivées par Sandra Burger
« Si tu as deux pains, échanges-en un contre des fleurs, car les fleurs sont la nourriture de l’âme. » (Mohammed)
Originaire d’Autriche où j’enseignais la biologie, j’ai connu la région en 2005 en faisant du WWOOFing (bénévolat dans des fermes en Agriculture Biologique). Début 2007, je commence une formation en maraîchage bio au CFPPA de Die, et décide de m’installer pour cultiver des fleurs en bio. En 2008, pendant m on stage de 6 mois à la Ferme du Pescher à Omblèze, je m’essaie à faire pousser quelques fleurs et à vendre des bouquets frais sur leur stand au marché de Die. Essai concluant qui me motive pour concrétiser ce projet.
Depuis l’année 2009, je loue un terrain de 4000 m² à Saint-Roman, sur lequel je cultive manuellement des fleurs, des plantes aromatiques et légumes, en plein champs et sous serre non-chauffée. Le climat diois me permet de cueillir les fleurs de mai à octobre.
Je vends mes produits sur les marchés de Chatillon-en-Diois (vendredi) et de Die (samedi) :
- fleurs en bouquets
- barquettes de fleurs comestibles (cosmos, soucis, bleuets, capucines, tournesols, mauves,…)
- plants de fleurs et aromatiques
- sels et sucres fleuris
- quelques légumes transformés
Je réalise des compositions sur demande pour des occasions telles que mariages, anniversaires, etc…
POURQUOI DES FLEURS EN BIO ?
J’entends parfois « ça ne se mange pas, alors pourquoi le bio ? ». Pour moi, le bio n’est pas en premier lieu quelque chose pour faire du bien à son propre corps, mais à d’abord à l’environnement. Et de cela découle le bienfait pour soi-même. C’est pourquoi je trouve important que l’idée du « bio » soit au-delà de la nutrition.
Les recherches que j’ai faites pour écrire mon projet au CFPPA m’ont très vite convaincue qu’il est urgent de se mettre à cultiver les fleurs différemment : en agriculture biologique et localement. Pour résumer en quelques mots l’ampleur des dégats causés par la culture des fleurs qui arrivent chez nos fleuristes :
- les mauvaises conditions de travail dans les pays de production (essentiellement en Amérique du Sud et en Afrique),
- l’utilisation de quantités faramineuses de pesticides interdits d’utilisation en Europe (il n’y a aucun contrôle à l’importation car ce n’est pas un produit alimentaire !!), pesticides toxiques non seulement pour les travailleurs mais aussi pour les fleuristes et les gens qui respireront les fleurs qui leur ont été offertes,
- l’énergie utilisée pour le transport et la conservation de ces fleurs tout au long du trajet qu’elles parcourent.
Malgré une toute petite production, je suis très contente de ma première année. J’ai eu de nombreux retours positifs, notamment sur la durée du bouquet une fois en vase (incomparable avec un bouquet « conventionnel »). Cela me motive pour continuer !
Sandra Burger (tel 04 75 21 49 10 - courriel : sand_burg@gmx.at)
Quelques conseils de gestes à éviter avec des bouquets classiques :
- ne pas mettre un bouquet au compost (il contient énormément de pesticides qui pollueront votre compost),
- éviter de le mettre trop proche du visage (ne pas le renifler, et éviter de le faire sentir à des enfants),
- éviter de le mettre en contact avec des personnes fragiles (malades). L’interdiction des plantes dans certains hôpitaux est due aux fortes doses de pesticides, et non pas au pollen comme c’est parfois répandu,
- ne pas faire sécher et laisser le bouquet sec dans la maison
- et le mieux : essayer de trouver des fleurs bio et locales (qui existent déjà en Suisse, Allemagne, à la Ferme de Cocagne d’Avignon et dans le Diois, chez Sandra !!)
à voir : un reportage sur la culture des fleurs en Ethiopie
à lire aussi : « Ne le dites pas avec des fleurs coupées. »
c’est un article édité par Auxilia (Experts en projets de développement durable :
Ne le dites pas avec des fleurs coupées…
A chaque Saint-Valentin, 50 millions de roses sont vendues à travers le monde. Mais ces fleurs, pourtant symboles de pureté et d’amour, cachent une triste réalité.
Le 14 février, date de la Saint-Valentin est en France et dans le monde l’occasion pour les amoureux de célébrer leur union.
L’achat du traditionnel bouquet de fleurs est devenu une quasi-coutume en France. Le marché en croissance de la fleur, 14 milliards de francs en 2001, favorise cette tendance avec l’apparition récente sur le marché des discounters et leur présence dans la grande distribution.
La consommation de fleurs coupées en France est un marché important, sur lequel il est nécessaire de faire le point aujourd’hui et de mettre en lumière les conséquences d’une telle industrie.
Maladies chroniques des ouvriers, gaspillage d’eau, pollution des sols : la triste réalité de la production de fleurs coupées
87% des fleurs coupées que nous trouvons sur le marché français sont importés de Hollande (chiffre de 2000) mais leur production se fait majoritairement dans les pays dit en développement. Elles parcourent des milliers de kilomètres pour rejoindre les principaux pays importateurs : Pays d’Europe, Japon et pays du continent Nord Américain.
Ces fleurs coupées viennent principalement d’Amérique du sud, d’Afrique sub-saharienne et d’Asie. Leur transit, qui se fait par transport aérien ou maritime est générateur d’émissions de gaz à effet de serre et participe donc au réchauffement global du climat.
La part de la société qui profite de la culture des fleurs est infime, le reste de la population souffre la plupart du temps de problèmes de sous-alimentation et de la raréfaction des ressources en eaux.
Or comme on peut l’imaginer, l’industrie de la fleur est extrêmement consommatrice en eau, et occupe les terrains au détriment de l’agriculture locale … En produisant des fleurs, les populations ne produisent plus de nourriture.
Les populations locales du Sud sont de plus exposées directement aux dangers des engrais et pesticides, puisqu’elles fournissent la main d’œuvre bon marché qui travaille dans les serres à l’abri de toute réglementation et protection. Les polluants contenus dans les pesticides et engrais sont inhalés et absorbés par la peau des travailleurs. Des maladies chroniques liées à l’industrie de la fleur ont fait leur apparition : stérilité des femmes, malformations des nourrissons, avortements spontanés…
En effet, l’industrie floricole au sud a un autre défaut : elle est extrêmement polluante et dangereuse. Actuellement, les contrôles sur l’utilisation de pesticides sont rares. Ceux-ci sont donc utilisés en quantité abusive pour des productions toujours plus rapides. Les produits utilisés sont également fort inquiétants, certains en effet sont non autorisés voire complètement interdits dans l’UE. Avec les ruissellements lors des arrosages abondants, ces substances nocives se retrouvent dans les nappes phréatiques polluant les réserves en eau des populations locales.
Les conditions de travail sont souvent déplorables et les droits de l’homme au travail sont rarement respectés. Ainsi, le salaire moyen d’un ouvrier au sud est estimé à 2€ par jour et on constate régulièrement des délits graves sur les employés de ces industries : viols, tests illégaux de grossesse, travail d’enfants. (En Equateur, par exemple, 48 000 enfants environ travailleraient sur ces industries).(source : The Ecologist)
Les coûts de production locale sont abaissés au maximum, un kilo de roses (20 roses environ) produites au Zimbabwe est acheté 3.5€ par les grossistes hollandais et revendu en moyenne 20€ sur le marché européen.
Des solutions existent
En Suisse, Max Havelaar mène depuis 2001 une campagne de labellisation des fleurs coupées. Ces fleurs équitables garantissent que les travailleurs les ayant produites ont œuvré dans le respect de leur personne, selon des salaires dignes et des conditions de travail satisfaisantes. La population helvétique a accueilli le projet favorablement acceptant de payer en moyenne 10% de plus pour cette garantie. On peut espérer à terme que la labellisation des fleurs coupées cultivées dans le respect des droits de l’homme s’étende à la France, car c’est un pas vers une essentielle responsabilisation de cette industrie.
Le succès de cette initiative n’est pourtant que partiel, car les problèmes des transports, des pollutions engendrées et des consommations excessives d’eau, les impacts sanitaires et l’occupation abusive des sols ne sont pas résolus.
Certains sites américains comme http://organicbouquet.com/ commercialisent également des fleurs issues de l’agriculture biologique.
En France, quelques boutiques de professionnels passionnés et responsables vendent des fleurs d’origine française ; dans les grandes villes, leurs prix sont élevés, les fleurs sont néanmoins de bien meilleure qualité, plus fermes, elles tiennent plus longtemps en vase…
Il apparaît enfin que la production de fleurs coupées dans nos pays d’Europe est extrêmement consommatrice en énergie et là encore polluante… Cependant la fleur produite localement offre des garanties sociales et de meilleures garanties environnementales.
De nombreux fournisseurs commercialisent des fleurs d’origine UE, mais cette information n’est jamais mise en avant au stade de la vente. Il n’y a pas de notion de traçabilité comme c’est le cas avec les produits alimentaires.
Vous pouvez consulter des sites de ventes de fleurs produites en France comme http://www.approfleurs.com/ qui ne commercialise que des fleurs cultivées dans le Var, il existe bien sûr d’autres producteurs locaux que vous pourrez trouver après une simple recherche sur Internet.
La vente de fleurs sur les marchés peut être une solution car quelques agriculteurs réalisent des productions locales plus respectueuses, on peut aussi aller plus loin en fréquentant les marchés bios sur lesquels sont vendues des fleurs en pot ou coupées cultivées sans engrais ni pesticides.
A terme, on peut espérer une amélioration de cette situation car on constate la mobilisation croissante des lycées agricoles et horticoles français, où enseignants et élèves tentent de trouver des solutions pour une horticulture et une floriculture raisonnée, voire durable.
Néanmoins, dans l’état actuel des choses, il apparaît que l’achat de fleurs coupées reste un acte de consommation ayant des conséquences négatives pour l’environnement et les problèmes récurrents des pays du Sud.
Les alternatives à l’achat de fleurs
L’important, c’est l’intention et le soin porté à l’autre, alors pourquoi ne pas envoyer une e-carte représentant des fleurs si vous tenez à ce symbole. Ces fleurs ne faneront pas et votre conscience sera légère.
Pourquoi ne pas acheter des graines de fleur issues de l’agriculture biologique, que vous aurez plaisir à voir grandir ensemble ! (http://www.kokopelli.asso.fr )
Vous pouvez également céder au plaisir du chocolat, autre symbole phare de cette Saint-Valentin (équitable naturellement !).
Vous pouvez aussi trouver des idées de cadeaux décoration à la « Ressourcerie » de Roubaix, lieu original où les objets de notre quotidien sont recyclés pour devenir de nouveaux objets d’art ou de décoration http://www.ressourcerie.fr/ .
Donnez du temps à l’être aimé reste de toute manière le plus beau cadeau à offrir : petit dîner aux chandelles, ballades en amoureux, week-end en campagne. Faites enfin marcher votre imagination et vous trouverez des idées de cadeaux respectueux des valeurs essentielles liées à l’amour et au respect de l’autre.
Les recherches qui ont permis la rédaction de cet article n’ont pas été faciles, on trouve peu de documentation sur les fleurs coupées, les dangers de leur culture y sont très peu exprimés, il semble que le secret de leur « fabrication » soit encore bien gardé…
Sources :
- http://www.gaboriau.com/AccueilGbtFr.html, merci à leur équipe pour ces conseils et informations
- The Ecologist, october 2003, dossier remarquable sur les fleurs coupées
- Site Web de the ecologist http://www.theecologist.org
- les Chiffres import export fleurs coupées de 1995 à 2000 dans les pays APC
http://www.coleacp.org/fr/documentation/rapports/fleursplantes/fr_13_coupees.pdf
- Les chiffres de l’importation de fleurs coupées en France
http://www.oniflhor.fr/publications/CHIFFRES%20HORTICOLES.pdf
- le journal du MEDD, Bima n°12 avril 2002
- Le site des lycées agricoles www.educagri.fr
- Pesticide Action Network Updates Service (PANUPS)
http://www.panna.org/resources/panups/panup_20020612.dv.html
- Credoc – septembre 2003, n°229 « La consommation engagée : mode passagère ou nouvelle tendance de consommation ? »
- Etude de marché de juin 2001 sur le marché des fleurs et plantes d’intérieur http://www.plusdetudes.com/etudes_de_marche/2052.html
- Dossier Max Havelaar Suisse sur les fleurs
http://www.maxhavelaar.ch/web/havelaar/mainR2.nsf/allbyunid/98BCAD6596FE5C38C1256B7C002E11E2/$file/MH_express_101_f.pdf?OpenElement



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