Lors de vos promenades dans le Diois, vos pas croisent des plantes qu’il est enrichissant de connaitre. Nous vous proposons ici la description de quelques unes de ces nombreuses plantes : chacune d’entre elles est présentée sous forme de fiches réalisées par Grégori Lemoine de l’association Floremonts. Association basée à Boulc-en-Diois, qui se consacre à la connaissance et à la valorisation des plantes sauvages de montagne et qui propose de faire vivre une « botanique populaire » par des découvertes, des apprentissages et des échanges, des sorties et des stages botaniques. Elle s’adresse à tout public curieux de découvrir les usages des plantes sauvages et les paysages des montagnes du Diois et d’ailleurs.

 

Grand Plantain (Plantago major L.)

PlantagomAutres noms : Plantain majeur, Herbe à cinq côtes, Herbe aux cinq coutures, Queue de rat, Pain d’oiseau

Nom latin : Plantago major L.

Famille : Plantaginacée

Etymologie : Plantago signifierait « plante qui agit », par allusion aux propriétés médicinales que les Romains lui attribuaient. D’autres avancent que le nom signifie plutôt « plante des pieds » par référence à la forme des feuilles de certaines espèces.

Habitat : chemins, prairies, jardins, friches, commun partour, résistant aux piétinements, jusqu’à 2000 m.

Description :
Plante vivace, herbacée, acaule. Feuilles en rosette, épaisses, larges, à 5 nervures parallèles et saillantes au revers. Hampe florale de 10 à 50 cm portant un épi de fleurs très serrées, bruns-noirs, floraison d’avril à octobre.

Usages :
Nombreuses vertus médicinales : adoucissant, astringent, dépuratif, diurétique, expectorant, résolutif, anti-inflammatoire, homéostatique, cicatrisante. Elle soigne les piqures d’insectes, les brûlures d’orties, serait utilisé contre les morsures de serpents.
Le plantain est un bon purificateur du sang, des poumons et de l’estomac, aussi efficace pour calmer la toux ou stopper une grippe que pour lutter contre la constipation.
Compagnon idéal du marcheur, il était utilisé autrefois pour protéger la plante des pieds dans les sabots. Les graines étaient employées pour soigner les yeux noirs. Les feuilles, au goût de champignon ou de noisette, et les graines sont comestibles.

 

Sauge des prés (Salvia pratensis L.)

Salvia_pratensisAutres noms : Sauge sauvage, Toute-bonne, Thé de Provence, Grande Sauge

Nom latin : Salvia pratensis L.

Famille : Lamiacée

Etymologie : du latin salvia, sauver, guérir

Habitat : prairies, chemins, friches, jusqu’à 1500 m.

Description :
Plante vivace, herbacée, pubescente, odorante, haute de 30 à 80 cm, à tige carrée, peu ramifiée. Feuilles très finement dentées, gaufrées, allongées et en forme de coeur à la base. Fleurs bleues-violettes, rarement roses, de 2 à 3 cm, à corolle en tube s’ouvrant par deux lèvres, floraison de mai à août. Ses racines peuvent atteindre un mètre, ce qui lui permet de supporter la sécheresse.

Usages :
Les fleurs et les feuilles de Sauge des prés sont comestibles. Les feuilles et sommités fleuries s’utilisent en infusion, elle stimule les sécrétions hormonales et facilite la digestion des graisses, elles ont des propriétés digestive, apéritive, tonique.
Les feuilles contiennent des substances stomachiques, toniques, amères, antispasmodiques et antisudorifiques, elle est préconisée contre les angines et les maux de gorge. Le vin de sauge fortifie et favorise la circulation sanguine. Elle est déconseillée aux femmes enceintes. A récolter avec des outils en bois. Plante mellifère.

Espèces voisines :
Sauge glutineuse (Salvia glutinosa L.), aux fleurs jaunes et fréquentant les lisières forestières.
Sauge sclarée (Salvia scalrea L.), échapée des cultures, très parfumée.

 

Muscari à Toupet (Muscari comsum Mill.)

MuscaritAutres noms : Ail à toupet, Ail des chiens, Jacinthe chevelue, jacinthe à grappes, Muscari chevelu, Muscari à houppe, Oignon de serpent, Pentecôte, Poireau roux, Queue-de-poireau

Nom latin : Muscari comosum Mill.

Famille : Liliacée

Etymologie : du latin muscarium, dérivé de musc, évoquant le parfum musqué de certaines espèces.

Habitat : champs, vignes, friches, chemins, talus secs et rocailleux, jusqu’à 1400 m

Description :
Plante vivace à bulbe brun rougeâtre, à tige dressée et glabre, de 10 à 60 cm de haut. Les 3 à 5 feuilles longues (de 10 à 15 cm) et étroites, sont retrécies aux extrémités et sont situées à la base de la plante.
Les grappes de fleurs sont grandes, à longs pédoncules, surmontées d’un bouquet de fleurs stériles, sans odeur. Les fleurs supérieures sont mauves, dressées et stériles. Les fleurs inférieures sont vertes ou brunâtres. Floraison d’avril à juin. les fruits sont des capsules s’ouvrant par trois valves triangulaires un peu arrondies.

Usages :
Les bulbes sont comestibles bouillis en raison de leur légère amertume. Ils auraient par ailleurs une action diurétique. Cultivée comme plante ornementale.

 

Genévrier Thurifère (Juniperus thurifera L.)

Autres noms : Porte-encens, Cèdre d’Espagne, Chachiné, Savinier, Genévrier d’Espagne

Nom latin : Juniperus thurifera L.

Famille : Cupressacée

Habitat : falaises, éboulis, endroits rocailleux, pelouses et friches sèches. Présence importante dans les gorges des Gats. Relique xérothermique (antérieure aux glaciations quaternaire).

Description :
Le genévrier thurifère est un arbuste ou un petit arbre de 5 à 6 mètres généralement, à croissance très lente mais de grande longévité, et pouvant atteindre 12 mètres de haut, à port compact, dressé, tronc souvent tourmenté, souche puissante.
Les feuilles réduites à des écailles sont aiguës au sommet et imbriquées sur quatre rangs. Elles portent sur le dos une glande odorante. Ses fruits sont des petits cônes globuleux de 8 à 12 mm de diamètre, de couleur pourpre à bleuâtre foncé à maturité, recouvert de pruine.

Usages :
Le bois, très aromatique, est pratiquement imputrescible. Il a été utilisé traditionnellement pour produire de l’encens, comme bois de chauffage, pour faire des piquets de vigne, de petites charpentes, des bois de lits. Plante toxique.

Protection : protection régionale

 

Carotte sauvage (Daucus carota L.)

Autres noms : Nid d’oiseau

Etymologie : daucus vient de daukos, nom donné par les grecs et qui semble dériver de daîo j’échauffe, dûe à ses propriétés d’échauffement.

Nom latin : Daucus carota L.

Famille : Apiacée

Habitat : très fréquente, prairies, champs, haies, bords des routes, en sol calcaire, jusqu’à 1500 m.

Description :
Plante herbacée bisannuelle, de 30 cm à 1 m de hauteur, à tige striée, velue et creuse, à feuilles alternes, à odeur de carotte lorsqu’on les froisse, pennées à folioles étroites, à pétioles embrassantes.
Fleurs blanches ou rosées, de mai à octobre, à pétales inégaux et échancrés, de 2 mm. Au centre de l’ombelle, la fleur rouge vineux est attractive pour les insectes mais stérile. Les ombelles possèdent de nombreux rayons serrés, se courbant vers l’intérieur avec la maturité en faisant un nid au centre de l’ombelle, bractées grandes, divisées. Fruits en éllipse, couverts d’auguillons. Racine pivotante, blanche.

Attention de ne pas la confondre avec la ciguë ou l’oenanthe (très toxique).

Usages :
Cette plante a des propriétés diurétiques, carminatives, vermifuges et vulnéraires. Elle est riche en vitamines et en carotène. Elle renforce l’action du foie. On préconisait la carotte pour soulager « la gueule de bois ». Les feuilles et les graines atténuent les flatulences et soignent les troubles digestifs. Cette plante est à l’origine des carottes cultivées.

 

Centaurée des montagnes (Centaurea montana L.)

Autres noms : Bleuet vivace, Bleuet vivace, Jacée des montagnes, Barbeau de montagne

Nom latin : Centaurea montana L.

Famille : Asteracée

Etymologie : les centaurées sont dediées au centaure Chiron, grand connaisseur des plantes médicinales. les Centaures étaient des créatures mi-hommes, mi-chevaux, habitant les montagnes dans la Grèce antique.

Habitat : Clairières, prairies montagnardes et sub-alpines, de 600 à 2100 m.

Description :
Plante herbacée, vivace, haute de 20 à 90 cm, pubescente, rhizomateuse, tige ailée, feuilles alternes, lancéolées, allongées. Fleurs bleues et pourpres de 5 à 8 cm, très longs fleurons externes, bractées bord brun-noir. Floraison de mai à août.

Usages :
La fleur a des propriétés digestives, fébrifuges et diurétiques, utilisée aussi pour soigner les conjonctivites. Les fleurs séchées entrent dans la composition de certains thés. Plante mellifère, cultivée comme plante ornementale.

 

Orchis sureau (Dactylorhiza sambucina L.)

OrchisAutres noms : Dactylorhize sureau, Dactylorhize à larges feuilles

Nom latin : Dactylorhiza sambucina (L.) Soo

Famille : Orchidacée

Etymologie : du grec dactulos, doigt et rhiza, racine, les tubercules ont des formes de doigts.

Habitat : pelouses froides et lisères forestières, à partir de 1000 m.

Description :
Plante vivace à tubercules, de 10 à 30 cm, feuillée jusqu’au sommet. Fleurs jaunâtres ou purpurines à gorge jaune, ponctuées de pourpre; bractées herbacées, labelle convexe, trilobé, crénelé; éperon gros, dirigé en bas. Floraison d’avril à juillet. Leur fécondation est assurée par les insectes.

Protection : cueillette départementale réglementée, convention de Washington.

 

Hellébore fétide (Helleborus foetidus L.)

Helleborus5--2-Autres noms : Ellébore, Pied de griffon, Rose de serpent, Patte d’ours, Mords-cheval, herbe printanière, Favalau, Pain de couleuvre, Pommerage, Parménie, Marfourée, Réveil, Herbe aux boeufs, Herbe de cru, herbe à arbi, herbe au fi, Main du diable

Nom latin : Helleborus foetidus L.

Famille : Renonculacée helleborus

Etymologie : helleborus viendrait d’un nom grec désignant une plante utilisée contre la folie et aurait une origine sémitique « helebar » (F. Couplan).

Habitat : forêts, lisières, haies, prairies, chemins, rocailles, jusqu’à 1600 m

Description :
Plante vivace de 30 à 100 cm, à odeur fétide, restant verte l’hiver. Feuilles coriaces, pédalées, à 7 à 11 folioles lancéolées et dentées. Fleurs verdâtres en petites clochettes pendantes au sommet d’une hampe, 5 pétales, 5 sépales, tépales verts, parfois bordés de rouge, étamines nombreuses, plus grandes que les pétales, floraison de février à avril. Longévité de 4 à 5 ans.

Usages :
Dans l’Antiquité et au Moyen Age, Ses graines étaient censées soigner la folie, comme le raconte La Fontaine dans sa fable où le lièvre conseille à la tortue qui l’a défié à la course : « Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d’ellébore. » Plus récemment, elle fut utilisée comme vermifuge vétérinaire avant d’être considérée comme trop dangereuse. Plante mellifère. Plante toxique.

 

Bouillon blanc (Verbascum thapsus L.)

Autres noms : Bouillon jaune, cierge de Notre-Dame, cierge cotonneux, molène, oreille de loup, herbe de Saint-Fiacre, tabac du diable, oreille de saint Cloud, queue de loup.

Nom latin : Verbascum thapsus L.

Famille : Scrophulariacée

Etymologie : Verbascum serait une déformation du latin barbascum, barbu.

Habitat : présent dans les pelouses et les friches sèches, les chemins, jusqu’à 1600 m.

Description :
Le bouillon blanc est une plante bisannuelle d’une hauteur de 1m à 1m80. Les feuilles sont grandes, épaisses, velues-laineuses.
De juin à septembre, il porte un épi de fleurs jaunes à 5 sépales, 5 pétales et 5 étamines.

Usages :
Propriétés médicinales : émollient, sédatif, pectoral. Efficace dans les irritations de l’appareil digestif et des voies respiratoires. Il est conseillé de filtrer l’infusion pour éliminer les poils qui peuvent être irritants.
Les fleurs, comestibles, peuvent décorer les salades et parfumer les sorbets. La plante teint en jaune. Les feuilles fumées procurent un soulagement aux asmathiques.
L’épaisse tige, enduite de suif ou de poix, a été utilisée comme torche, mèche de lampe, bougie. Les graines et le suc sont toxiques.
Autrefois, elle était utilisée par les paysans qui en remplissaient leurs sabots pour les rendre plus confortables et se protéger du froid.

 

 

Deux autres associations dioises se consacrent à faire connaitre les savoirs liés aux plantes La feuille de sauge et DrHumana.