Nous sommes maintenant nombreux à savoir que les couches jetables représentent un grave problème écologique autant pour ce qui concerne leur fabrication que pour  la gigantesque quantité de déchets quelles représentent.

Même si les parents sont conscients que les couches lavables sont  une vraie solution écologique, ils  hésitent à  les utiliser  parce qu’ ils imaginent que leur utilisation représente un travail contraignant. Ils sont alors facilement tentés par les couches jetables biodégradables.

Comment un produit peut il être écolo?

Rappelons juste que pour être réellement ‘écolo’ un objet doit être soigneusement conçu : choix des matières, réduction des transports, et optimisation de l’utilisation, et re-utilisation avant de le considérer comme déchet.

Pourquoi la couche jetable biodégradable ne peut être considérée actuellement comme écologique?

Le simple fait de mélanger une couche jetable bio aux autres déchets rend inutile sa biodégrabilité. Pour que cela soit efficace il faudrait que toutes ces couches soient systématiquement séparées des autres déchets pour rejoindre une filière de retraitement spécifique.

Depuis quelques années, des couches jetables biodégradables se vendent sur le marché français. Si leur taux de biodégradabilité varie selon les marques, une fois usagées elles intègrent la même filière de traitement des déchets que les couches jetables ordinaires (incinération ou enfouissement).
Pourquoi ? Parce que les collectivités proposant la collecte sélective des déchets organiques sont très peu nombreuses dans l’Hexagone.  Les couches jetables bios, même si elles étaient 100 % biodégradables, ne font aujourd’hui pas partie des déchets collectés séparément en vue d’un traitement par compostage ou methanisation. Le compostage individuel des couches, quant à lui, sera marginal compte tenu de la quantité quotidienne de déchets qu’elles représentent par foyer. Les textiles sanitaires (couches, lingettes, mouchoirs papier…) ont augmenté de façon significative pour constituer près de 9% de notre poubelle, soit 34 kilos / habitant / an.

Alors comment utiliser les couches jetables biodégradables?

Vous pouvez  composter les couches jetables biodégradables:  soit  dans un vermicomposteur, (ou lombricompost), où les couches seront dégradés en trois mois. Disposées dans les conditions idéales de compostage du jardin (chaleur interne, bien aeré), les couches se dégraderont en six mois environ. Toutefois il est préférable d’utiliser ce compost pour un jardinage ornemental et non  alimentaire car certaines couches biodegradables contiennent encore des composants toxiques (polyacrylate de sodium).

L’idéale est d’utiliser des couches biodégradables pour complémenter l’utilisation des lavables, et/ou l’hygiène naturelle pour enfants.  Dans ce cas, le biodégradibilité sera gérable.

Greenwashing

Aujourd’hui en Nouvelle Zélande, les fabricants de la première unité de compostage industrielle de couches jetables (subventionnée par Kimberly-Clark) se réjouissent de pouvoir rendre aux parents le choix du jetable ’sans culpabilité. C’est une façon de peindre en vert un produit qui représente  pourtant la consommation des matières premières (bois, pétrole), pour une utilisation unique.

Un mot sur la composition des couches jetables (parentsnature.be)

La plupart des marques proposant des couches “écologiques”, remplacent la couche extérieure imperméable par un film constitué d’amidon de maïs généralement garanti sans OGM,

Malheureusement, ces marques ne proposent pas encore d’alternatives au gel absorbant:   le polyacrylate de sodium (SAP) a été utilisé dans les tampons hygiéniques féminins puis retirés de ceux-ci car ils sont associés au Syndrome du Choc Toxique; ce gel donne l’apparence d’un bébé ayant toujours les fesses au sec, ce qui retarde le changement de couches et prolonge le temps de contact entre la peau et la dégradation de l’urine en amoniaque…et favorise les irritations.

La quantité de SAP présente dans les couches ‘écologiques’ est diminuée en général de 50% et se trouve dans un noyau de cellulose qui est soit blanchie à l’hydrogène ou à l’oxygène, soit non blanchie. Les producteurs de ces couches insistent sur la qualité des forêts d’où provient la cellulose.

Il est vrai que le polyacrylate de sodium a un ph neutre, ce qui ne devrait pas influencer le compostage, mais il s’agit quand même d’un produit chimique pour lequel nous n’avons pas un recul suffisant pour en connaitre l’impact sur l’environnement et plus précisément sur les nappes phréatiques.

jetables 'bio'

Sources:

ecobaby.ie

lombricomposteur pour couches

envirocomp.co.nz

www.cniid.org

parentsnature.be